DANTE ALIGHIERI

LA DIVINE COMEDIE

La Comédie ou Divine Comédie est un poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine.
Composée, selon la critique, entre 1307 et 1321, la Commedia est l'œuvre de Dante la plus célèbre et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale.
Connue et étudiée dans le monde entier, elle est tenue pour l'un des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale de tous les temps.

Elle est également considérée comme le premier grand texte en italien  : la langue dans laquelle elle est écrite a eu une influence considérable sur l'idiome moderne de la péninsule.
Pour écrire son œuvre, Dante a été très largement inspiré par le sanglant conflit qu'il a lui-même vécu en Italie, opposant les Guelfes (Guelfi) et les Gibelins (Ghibellini) (1125 - 1300).
Du point de vue littéraire, Dante fait référence explicite à l'Énéide et à l'Apocalypse de Paul, les deux textes antiques les plus connus dans le genre des récits de voyage.

Le poème est divisé en trois parties appelées cantiche (pluriel italien pour cantica) : Inferno (l'Enfer), Purgatorio (le Purgatoire) et Paradiso (le Paradis), chacune composée de trente-trois chants (excepté l'Enfer qui contient un chant préliminaire).
Le poète narre un voyage à travers les trois règnes supraterrestres qui le conduira jusqu'à la vision de la Trinité.
Sa représentation imaginaire et allégorique de l'au-delà chrétien est un sommet de la vision médiévale du monde développée par l'Église catholique romaine.

L'œuvre connut immédiatement un succès extraordinaire et contribua de manière déterminante au processus de consolidation du dialecte toscan comme langue italienne.
Le texte, dont on ne possède pas l'autographe, fut copié dès les premières années de sa diffusion, et jusqu'à l'avènement de l'imprimerie, en un grand nombre d'exemplaires manuscrits.
Parallèlement, se diffusa la pratique de la glose et du commentaire, donnant vie à une tradition de lectures et d'études dantesques jamais interrompue.
L'étendue des témoignages manuscrits de la Commedia a constitué une difficulté majeure dans l'élaboration de l'apparat critique.
On dispose aujourd'hui, en italien, d'une édition de référence réalisée par Giorgio Petrocchi. André Pézard est pour le XXème siècle le spécialiste français de Dante avec la publication en 1965 de l'œuvre complète traduite et commentée.
Jacqueline Risset a publié une édition bilingue et commentée en trois volumes (en 1985, 1988 et 1990) de la Divine Comédie plusieurs fois rééditée.

Tout en recouvrant de nombreuses caractéristiques de la littérature et du style médiéval (inspiration religieuse, intention moraliste, langage et style basés sur la perception visuelle et immédiate des choses), la Commedia, comme l'a noté Erich Auerbach dans Mimesis, est profondément innovante, qui tend vers une représentation large et dramatique de la réalité.

Titre
Le titre original fut probablement Commedia, ou Comedìa, du grec ??µ?d?a (comodìa). C'est en effet ainsi que Dante lui-même nomme son œuvre (Enfer XVI 128, Enfer XXI 2).
Dans l' Epistola (dont la paternité dantesque n'est pas absolument certaine) adressée à Cangrande della Scala, Dante confirme le titre latin de l'œuvre : «Incipit Comedia Dantis Alagherii, Florentini natione, non moribus».
La lecture de cette lettre fournit deux raisons justifiant l'attribution de ce titre : l'une, de caractère littéraire, selon laquelle il était d'usage de définir par le terme de commedia un genre littéraire qui, après des débuts difficiles pour le personnage principal, se termine par une fin heureuse ; l'autre, stylistique, puisque le mot commedia indiquait une œuvre écrite en langage médian.
Ces deux aspects se retrouvent effectivement dans le poème : de la selva oscura, allégorie de l'égarement du poète, on passe à la rédemption finale, la vision de Dieu dans le Paradis ; en second lieu, les vers sont écrits en langue vulgaire et non en latin qui, bien qu'il existât déjà une riche tradition littéraire en lingua del sì, continuait à être considéré comme la langue par excellence de la culture.

L'adjectif «divina» fut utilisé pour la première fois par Boccace dans son Trattatello in laude di Dante (Petit Traité à la louange de Dante, 1373), environ soixante-dix ans après l'époque à laquelle le poète a vraisemblablement commencé la composition de son œuvre.
La locution Divina Commedia , cependant, ne devint commune qu'à partir de la seconde moitié du XVIème siècle, lorsque Ludovico Dolce, dans son édition vénitienne de 1555, reprit le titre boccacien.

Le nom «commedia» (sous la forme comedìa ) apparaît seulement deux fois à l'intérieur du poème (Enfer) que Dante qualifie de poema sacro (poème sacré) dans le Paradis.
Dante ne renie pas le titre de Commedia parce que, étant donné la longueur de l'œuvre, chaque partie (cantica), ou même chaque chant individuellement, fut publié au fur et à mesure et l'auteur n'avait pas la possibilité de réviser ce qui avait déjà été rendu public.
Le terme Commedia devait cependant sembler réducteur à Dante au moment de la composition du Paradis dans lequel le style mais aussi la syntaxe sont profondément différents de ceux des chants qui constituent l' Enfer : la question des palinodies dans la Commedia (les corrections auxquelles Dante procède à l'intérieur de son œuvre, se contredisant lui-même et contredisant même ses sources) est considérable.

Source : Wikipédia

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