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SAIKAKU
Il s'agit du Nanshoku ôkagami (Le Grand Miroir de l'amour mâle) d'Ihara Saikaku, marchand japonais qui, après la mort de sa femme et de sa fille aveugle, se consacra entièrement à l'art du roman, où il devint un maître célèbre, et le plus habile des écrivains. Voici un passage qui donnera une idée du style du Nanshoku ôkagami : «Dans un temple ancien sis en un bois luxuriant, au village de Tamade, vivait un vieux supérieur, expert en invocations au Bouddha, qui avait parmi ses nombreux disciples un beau moine du nom de Kaken. À s'enquérir de son passé, on apprenait qu'il avait été le fameux acteur Tamagawa Shuzen. Cet “onnagata”, dont le nom crevait l'affiche du kabuki à Edo, fut d'une beauté fatale à bien des gens… Au fil du temps, les gens se désolèrent de voir sa belle fleur de jeunesse se ternir. Ayant dépassé l'âge de vingt ans, comme la lune à son décours, il se cacha dans un temple auquel il songeait déjà, rasa ses cheveux pour changer d'apparence, fit pèlerinage en nombre de provinces avant de venir ici bâtir sa chaumière. Aux lespédèzes peu fournis de la haie s'entrelaçaient les feuilles desséchées du lierre. La fenêtre, qui donnait au sud, lui offrait la compagnie de la lune...» Yoto Yotov Source : www.notesdumontroyal.com |